Dans cet article, je vais vous donner des explications pour faire des joints plantés ou gazon.
On peut facilement réaliser ce type de joints entre les dalles ou pavés, aussi bien sur une terrasse qu’au sein d’une allée piétonne à l’ambiance rustique. Résultat : la verdure s’invite dans le minéral, donnant l’impression que la nature reprend sa place. Parfois, c’est aussi une belle manière de prolonger visuellement les massifs autour.
Commençons par les bases techniques pour réussir ces fameux joints verts, puis voyons ensemble quelles plantes s’adaptent le mieux à ce projet.
Joints plantés Inconnu Quelques informations techniques
Avant de vous lancer, il faut réunir quelques conditions incontournables.
La structure
Terrasse ou allée piétonne, tout commence par la fondation. Si le support est une dalle béton, laissez tomber les joints plantés : rien ne pousse sur une surface imperméable, et l’eau qui stagnerait finirait par faire pourrir vos plantations.
La solution, c’est une base en gravier ou en grave compactée. Ce type de structure laisse circuler l’eau et permet l’installation de joints verts.
Les dalles ou pavés doivent alors reposer sur une couche de sable, sans mortier, pour conserver la perméabilité nécessaire à la croissance des plantes.
Pour un aperçu plus complet sur la construction des terrasses (valable aussi pour les chemins piétons), consultez cet article.
Types appropriés de dalles et pavés
En théorie, tous les matériaux sont possibles. Mais sur le terrain, les joints plantés se marient parfaitement avec le pavage opus incertum, ces dalles aux contours irréguliers, qui laissent des interstices généreux.
Pourquoi ce choix ? Parce qu’avec des dalles bien calibrées, les joints sont souvent si fins qu’aucune plante n’y trouvera sa place. À l’inverse, un pavage irrégulier ménage des espaces larges, idéaux pour semer du gazon ou installer des vivaces rampantes. Si vous tenez à un autre matériau, pensez dès la pose à réserver des joints suffisamment larges, au moins quelques centimètres.
Un détail à garder en tête : plus la dalle est foncée, plus elle accumule la chaleur ; le substrat des joints sèche alors plus vite.
L’installation des joints
Deux situations peuvent se présenter : vous partez d’une allée neuve ou vous souhaitez modifier des joints existants.
Dans le premier cas, remplissez les espaces entre les dalles avec un mélange équilibré de terre et de sable.
Si votre allée existe déjà et que vous visez une conversion au vert, il faudra enlever l’ancien joint sur toute la longueur. Ensuite, comblez avec le même mélange sable-terre, puis semez ou plantez. Pour une version plus rapide, retirez l’ancien joint seulement là où vous voulez installer la plante, et remplacez-le localement.
L’entretien
Avant d’adopter les joints plantés, il vaut mieux anticiper l’entretien qu’ils exigent.
Qu’il s’agisse de gazon ou de plantes tapissantes, la végétation va naturellement s’étendre sur vos dalles ou pavés. Pour éviter que tout ne disparaisse sous la verdure, prévoyez un recadrage annuel : taillez les plantes trop envahissantes pour conserver le tracé de l’allée.
Pendant les premiers mois, tant que la végétation n’a pas colonisé tout l’espace, il faudra régulièrement arracher les mauvaises herbes qui tentent de s’inviter.
Enfin, si vous avez opté pour du gazon, une tonte régulière s’impose pour garder un aspect net.
Maintenant que la technique n’a plus de secret, passons aux plantes à sélectionner.
Le gazon
Une fois le mélange sable-terre installé dans les joints, répandez les graines de gazon à la volée.
Habituellement, on termine un semis de pelouse par un passage de rouleau pour bien ancrer les graines dans la terre. Ici, c’est plus compliqué. À la place, ajoutez une fine couche de terreau par-dessus les graines et arrosez délicatement : cela suffit à assurer la levée.
Plantes
Critères pour les choisir
Si vous préférez la diversité aux simples brins d’herbe, il faudra bien sélectionner vos plantes : toutes ne sont pas adaptées à ce genre d’emplacement.
Il vous faut des espèces basses, au développement dense et rampant, capables d’occuper tout l’espace et de limiter l’apparition des indésirables. Privilégiez celles qui développent des racines fines pour ne pas soulever les dalles.
Autre point à ne pas négliger : ces plantes devront se contenter d’un faible volume de terre, supporter l’exposition (plein soleil, mi-ombre ou ombre, selon l’endroit) et s’accommoder du climat local. Un minimum de résistance au piétinement est également conseillé, mieux vaut éviter les joints plantés sur les allées où le passage est intense. Miser sur des persistantes garantit un effet décoratif toute l’année.
En résumé, il s’agit de choisir des espèces qui tolèrent ces conditions spécifiques et qui sont adaptées à votre environnement.
Parmi les valeurs sûres, les plantes saxatiles (habituées à pousser dans les fissures des rochers ou des murs) et quelques mini-plantes des rocailles font preuve d’une belle robustesse.
Quelques exemples
Serpolet au thym, Thymus serpyllum
À installer en plein soleil. Cette vivace tapissante colonise les joints tout en offrant une floraison parfumée de juin à octobre. Lorsque l’on marche dessus, elle dégage un agréable arôme, avec, en prime, un ballet d’abeilles, car elle attire les pollinisateurs. Elle supporte très bien le froid, apprécie les sols secs, et son feuillage persiste l’hiver.
Pour un aspect plus compact, la variété Thymus serpyllum ‘Elfin’ pousse lentement mais garde une silhouette rase.
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Thymus serpyllum ‘Elfin’ Jeffrey Gordon Smith Architecture paysagne/Houzz.com Sagine subulée, Sagina subulata
Souvent confondue avec une mousse, la sagine subulée se pare de minuscules fleurs blanches en juin. Elle affectionne la mi-ombre ou le soleil, mais craint les périodes de sécheresse. Elle encaisse quelques gels, mais pas des hivers trop rigoureux : attention si votre région descend sous les -15°C.
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Sagina subulata Inconnu Muguet de la vallée du Japon, Ophiopogon japonicus
Cette vivace évoque une herbe fine, avec son feuillage long et étroit. Elle fleurit en été, offrant des clochettes blanches parfois nuancées de lilas, suivies de petites baies bleues. Elle s’adapte au soleil comme à la mi-ombre, mais pousse un peu plus haut (jusqu’à 20 cm), ce qui change l’effet visuel. Comme la sagine, elle supporte mal les grands froids.
Il existe une version à feuillage noir, appelée Ophiopogon planiscapus ‘Nigrescens’.
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Ophiopogon japonicus Houzz.com Et les autres…
La liste pourrait s’étendre encore, mais avec les critères évoqués plus haut, vous trouverez sans difficulté d’autres plantes adaptées à votre projet et au climat de votre jardin. N’oubliez pas les mousses, qui s’installent facilement dans les joints, même si la plupart redoutent la sécheresse.
Le cas des marches japonaises
Une précision avant de clore ce panorama : les marches japonaises, souvent posées dans la pelouse ou du gravier, ne présentent pas de « joints » à proprement parler. L’espace autour est largement suffisant pour se permettre des plantations plus variées et moins contraintes que dans des joints étroits.
Envie d’un jardin où la pierre et le végétal dialoguent à chaque pas ? Ce genre d’aménagement offre un terrain de jeu inépuisable pour qui aime voir la nature s’infiltrer entre les lignes.





