Le placement le plus rentable en 2021 selon les experts

Oubliez les palmarès consensuels et les classements qui tombent chaque saison comme un marronnier : le placement « numéro un » varie selon l’angle d’analyse, la période scrutée et, surtout, l’intérêt de celui qui publie le résultat. Derrière la façade des chiffres, la réalité est bien plus nuancée.

Chaque année, des sites spécialisés et des médias publient leur verdict sur l’investissement le plus rentable, appuyés par des tableaux alléchants. Pourtant, ces classements, parfois biaisés par des intérêts commerciaux, doivent être examinés avec recul. Les tendances de fond existent, mais elles ne racontent jamais toute l’histoire.

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Un placement n’a de sens qu’en contexte : durée de détention, fiscalité, qualité de la gestion, solidité de l’actif… tout pèse dans la balance. Les performances passées, si souvent mises en avant, n’ont rien d’un oracle. Ce qui valait il y a dix ou vingt ans ne tient plus forcément aujourd’hui. Rien ne reste figé.

Sur le long terme, les données fiables finissent toujours par parler. Les investissements solides, sur des horizons étendus, dévoilent leur vrai visage. Difficile de tricher avec le temps.

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Tour d’horizon des actifs majeurs

Sans prétendre tout résumer en quelques paragraphes, observons les placements les plus fréquents, particulièrement à la lumière des bouleversements récents.

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Notre rapport à l’économie évolue. Certains investissements gagnent en visibilité, d’autres deviennent marginaux. L’inflation d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle des décennies passées. Même la prise de risque, autrefois perçue comme une menace, s’inscrit désormais dans des stratégies collectives, teintées de critères environnementaux ou sociaux. Les notions d’ISR ou de RSE s’imposent peu à peu dans les choix d’allocation.

Comparer les placements, c’est jongler entre rentabilité, volatilité, c’est-à-dire la variation de la valeur, et liquidité, autrement dit la facilité à récupérer ses fonds. Pour la volatilité, plus il y a d’étoiles, plus la stabilité est forte.

Légende des étoiles :

Complètement

Selon le cas

Pas du tout

À ne pas négliger :

Le taux de rendement interne (TRI) prend en compte le temps, donnant une lecture plus fine qu’un simple taux affiché. Les chiffres cités pour chaque catégorie proviennent notamment de l’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière (IEIF).

Pour chaque placement, le rendement est évalué sur une durée de 5 à 7 ans.

La meilleure protection contre l’érosion d’un capital sur la durée, c’est la diversification. Diversifier ses actifs reste le socle d’une gestion patrimoniale équilibrée. Il faut aussi confronter la performance à la fiscalité et à l’inflation pour une vision fidèle des résultats.

Quel placement a tiré son épingle du jeu sur 15 ans ?

La Bourse/actions

Rendement

Volatilité

Liquidité

Sur le long terme, la Bourse se distingue. Sur 20 ans et plus, les actions affichent des performances supérieures à la plupart des autres supports. La volatilité, inhérente à ce marché, se lisse au fil du temps. Mais il faut accepter les secousses, tenir le cap lors des tempêtes.

Investir en actions, c’est choisir un horizon lointain, que ce soit via des titres en direct, des OPCVM, des ETF ou des produits structurés. La clé : rester cohérent avec son niveau de tolérance au risque et maintenir une stratégie adaptée.

Les moyennes cachent d’importantes disparités selon le moment d’entrée sur le marché. L’histoire récente l’a montré : les marchés ont connu des périodes de repli marquées, et la crise sanitaire a rebattu les cartes. Les fonds ESG ont démontré une meilleure résistance.

TRI 10 ans : 9,1 %

TRI 15 ans : 6,5 %

Le rendement fluctue entre 2 et 15 % selon le contexte

SCPI (Société Civile de Placement Immobilier)

Rendement

Volatilité

Liquidité

L’immobilier d’entreprise, cœur des SCPI, suit de près la santé économique générale. Sa rentabilité surpasse généralement celle de l’immobilier résidentiel. Les investisseurs accèdent à ce marché via des parts, parfois pour de faibles montants.

La baisse des taux d’intérêt a propulsé la SCPI au rang de chouchou des épargnants français, avec des souscriptions records ces dernières années. Diversification des biens, sélection des locataires : ces éléments renforcent l’attractivité du support. Reste à piloter finement la fiscalité pour optimiser le rendement net.

Après le choc de 2020, la qualité des actifs et la solidité des locataires prennent une dimension décisive. Privilégier les SCPI dotées d’une bonne capacité de « report » et d’une liquidité réelle s’impose.

TRI 10 ans : 6,6 %

TRI 15 ans : 8,2 %

Rentabilité observée entre 3 et 6 %

OPCI (Organisme de Placement Collectif Immobilier)

Rendement

Volatilité

Liquidité

L’OPCI, hybride par nature, mélange immobilier direct et actifs financiers. Il peut investir jusqu’à 35 % en actions ou en instruments financiers, ce qui le rend plus volatil que la SCPI, mais parfois aussi plus performant, même si les statistiques ne l’attestent pas systématiquement.

Les écarts de rendement sont importants d’un OPCI à l’autre. À examiner au cas par cas.

TRI 10 ans : 4,7 %

TRI 15 ans : 9,2 %

Rentabilité comprise entre 2 et 7 %

Les Foncières cotées

Rendement

Volatilité

Liquidité

Les foncières cotées (SIIC) conjuguent immobilier et Bourse. Diversifiées sur plusieurs secteurs (bureaux, commerces, santé…), elles profitent d’un effet de levier via l’endettement, d’autant plus marqué lorsque les taux sont bas. Rendement des loyers supérieur au coût du crédit : l’équation a longtemps profité à ces acteurs.

Transparence fiscale, gestion dynamique : les foncières partagent plusieurs points avec les SCPI, mais leur exposition aux marchés boursiers accentue la volatilité. Le risque de perte en capital est réel, d’autant que ces sociétés utilisent plus largement l’emprunt.

La crise sanitaire a durement touché le secteur : certaines foncières ont vu leur cours chuter. Les conséquences, notamment sur les locataires, ne sont pas encore toutes mesurées. Le secteur reste à surveiller.

Fait marquant : sur 10 ou 15 ans, certaines foncières cotées ont parfois offert de meilleurs rendements que les actions elles-mêmes. Ces placements peuvent s’effectuer via un compte-titres classique ou, sous certaines conditions, au sein d’un PEA via des ETF.

TRI 10 ans : 12 %

TRI 15 ans : 11,8 %

Rentabilité située entre 2 et 12 %

L’or

Rendement

Volatilité

Liquidité

L’or attire, tant sous forme physique qu’au travers de produits financiers (OPCVM, ETF). Il existe aussi la possibilité d’investir dans des mines aurifères, mais ce segment reste réservé à une poignée d’initiés avertis.

Longtemps perçu comme une valeur refuge, l’or a vu son comportement évoluer : plus volatil, parfois plus rémunérateur depuis 2005. Sa courbe sur les quinze dernières années en témoigne.

L’or ne verse ni dividende ni loyer. Il dépend entièrement de sa valorisation. Sa fiscalité varie : selon le support, il est traité comme un titre financier ou bénéficie d’un régime spécifique. L’or physique et l’assurance-vie offrent chacune leur cadre.

Un contenu dédié à l’or sous toutes ses formes sera prochainement disponible sur le site.

TRI 10 ans : 5,4 %

TRI 15 ans : 8 %

Rendement observé entre 2 et 7 %

Bois et forêts

Rentabilité

Volatilité

Liquidité

Acquérir du bois ou une parcelle forestière, directement ou via GFF, c’est miser sur un actif « vert », peu liquide, mais bénéficiant d’avantages fiscaux et d’une tendance de fond à la valorisation. Ce placement reste marginal et doit être abordé avec prudence. Le risque, au-delà de la liquidité, concerne aussi les aléas climatiques et biologiques.

Dans un contexte de quête de sens, le bois retrouve de la valeur. Sa fiscalité allégée en fait un levier supplémentaire.

Indice de la valeur actuelle du prix annuel moyen des forêts non construites.

Rentabilité généralement comprise entre 1 et 3 %

Vignobles et groupements viticoles

Investir dans le vin ouvre un large éventail de possibilités : achat de bouteilles, fonds spécialisés, indices ou parts de groupements fonciers viticoles. C’est aussi un secteur exposé à la passion, et parfois à la spéculation.

Dans une logique de diversification, miser sur le vin ou un GFV peut séduire. Mais il faut rester vigilant, car les pièges et arnaques ne manquent pas dans ce marché très convoité.

Un article détaillé sur le sujet sera publié prochainement. Pour ne rien manquer, pensez à la newsletter.

Rentabilité observée entre 2 et 5 %

Livrets d’épargne réglementée

Rendement

Volatilité

Liquidité

Le livret A (ou bleu) reste le refuge liquide par excellence. En 2020, il rapporte 0,5 %. Sa rémunération, inférieure à l’inflation, le cantonne à un rôle d’épargne de précaution. Le plafond limite son utilité.

Le PEL, lui, n’a plus d’intérêt à l’ouverture. Seuls les anciens plans conservent un attrait limité. Les évolutions économiques récentes rendent caduque la comparaison des TRI sur longue période.

TRI 10 ans : 1,4 %

TRI : 1,8 %

Rendement autour de 0,5 %

Le fonds en euros

Rendement

Volatilité

Liquidité

Le fonds en euros, autrefois star de l’assurance-vie, a vu ses performances s’effriter. Victime de la baisse des taux, il n’offre plus la sécurité rémunératrice d’antan. Les banques, confrontées à de nouveaux risques structurels, poussent à la transformation de ces supports.

Heureusement, des alternatives émergent, notamment les fonds en euros dits « nouvelle génération », dont certains tutoient 2,5 % ou 3 % selon la composition. Le taux moyen du fonds général reste, lui, sous les 1,4 % pour 2019.

TRI 10 ans : 2,6 %

TRI 15 ans : 1,8 %

Rentabilité comprise entre 0,5 % et 3 %

L’immobilier résidentiel

Rendement

Volatilité

Liquidité

L’immobilier, sous toutes ses formes, occupe une place à part dans le patrimoine des Français. La demande de logements reste supérieure à l’offre, mais la réalité est plus complexe qu’il n’y paraît : l’intervention de l’État, les spécificités du marché, l’ancienneté du parc viennent brouiller les cartes.

Dans une économie mondialisée, l’immobilier reste l’un des rares secteurs où l’État exerce encore un levier fort, via la législation ou la fiscalité. Sa part dans le PIB français demeure conséquente.

Immobilier à Paris

TRI 10 ans : 6,2 %

TRI 15 ans : 9 %

Immobilier en France

TRI 10 ans : 4,9 %

TRI 15 ans : 8,6 %

Rentabilité comprise entre 1 et 9 %

Les résidences de service (location meublée)

Rendement

Volatilité

Liquidité

La location meublée, notamment dans les résidences de services, séduit pour sa gestion déléguée et sa fiscalité avantageuse (régime BIC). Le bail commercial offre sécurité et visibilité. En 2020, la crise a fragilisé certains segments, des résidences touristiques aux EHPAD, tandis que les résidences étudiantes résistent mieux.

Le secteur doit aussi composer avec la concurrence de l’économie collaborative. Les prix pourraient évoluer après la sortie de crise : vigilance recommandée.

Rentabilité observée entre 2 et 15 %

Bureaux

Rendement

Volatilité

Liquidité

Les bureaux, notamment dans les grandes métropoles, affichent des rendements souvent supérieurs au résidentiel. L’accès direct est réservé aux gros investisseurs, mais les SCPI, OPCI ou FPS permettent d’y accéder de façon mutualisée, avec un ticket d’entrée réduit.

La demande reste soutenue, les taux de vacance faibles dans les zones les plus tendues. Ce segment bénéficie aussi de l’attractivité de la France pour les entreprises internationales.

TRI 10 ans : 4,6 %

TRI 15 ans : 9,4 %

Rentabilité comprise entre 2 et 8 %

SICAV monétaires

Rendement

Volatilité

Liquidité

Les SICAV monétaires, qui investissent en titres de créance à court terme, n’offrent plus guère d’intérêt dans le contexte actuel de taux bas, voire négatifs. Leur raison d’être s’est effacée : elles ne jouent plus que le rôle de parking temporaire.

TRI 10 ans : 0,4 %

TRI 15 ans : 1,8 %

Rendement proche de zéro, parfois négatif

Les obligations

Rendement

Volatilité

Liquidité

Les obligations sont des créances émises par des États ou des entreprises. Leur rémunération dépend du risque de l’émetteur. Les titres souverains les mieux notés rapportent peu et passent sous l’inflation. Les obligations d’entreprises, plus risquées, peuvent s’avérer bien plus attractives, mais le risque de défaut existe.

L’accès à cette classe d’actifs se fait aussi via des fonds ou certains produits structurés. La durée de détention est un critère clé à considérer.

TRI 10 ans : 3 %

TRI 15 ans : 3 %

Rentabilité comprise entre 0 et 12 %

PME, ETI, actifs non cotés

Rendement

Volatilité

Liquidité

Investir dans des PME ou ETI non cotées offre un vrai potentiel de diversification et, parfois, de fortes performances. Mais le risque est élevé. Il faut une solide connaissance du secteur, de l’entreprise visée et accepter la possibilité de perdre tout ou partie de sa mise.

Des fonds spécialisés, comme les FCPR, FIP ou FCPI, permettent d’accéder à cette catégorie. La rigueur dans la sélection des supports est primordiale.

TRI 10 ans : 9,7 %

Le rendement peut dépasser 10 %, mais la variabilité est extrême

Solde

L’évolution du TRI, de la volatilité et du rendement d’un investissement dépend du moment, du contexte et de l’horizon choisi. Les objectifs, tout comme la durée de détention, sont déterminants.

Laisser ses actifs prospérer sur plusieurs décennies atténue les à-coups. Globalement, plus on prend de risque, plus l’espérance de gain s’améliore.

Mais la période actuelle reste incertaine. Les effets de la crise sanitaire ne sont pas tous mesurés, tant sur l’économie que sur les placements. Les marchés financiers, les matières premières, l’immobilier : chacun a encaissé le choc à sa manière.

Pour le reste, notamment l’immobilier et les PME non cotées, il faudra patienter pour tirer toutes les leçons de la crise. Plus le temps passe, plus l’impact sur l’économie se précise.

Ce panorama n’est qu’un aperçu, une cartographie rapide des grandes familles d’actifs. L’étape incontournable reste l’analyse personnalisée du patrimoine avant de passer à l’action.

Pour continuer à affiner votre stratégie, suivez nos prochaines publications : chaque nouvelle crise redistribue les cartes, et le placement le plus rentable de demain n’est jamais celui d’hier.

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