Changer de CDI : comment passer d’un contrat à l’autre sans risque

Voulez-vous démissionner pour vous engager dans l’auto-entrepreneuriat, mais vous ne savez pas comment le faire ? Même si c’est une bonne idée ? Ne paniquez pas, vous êtes au bon endroit ! Nous savons qu’il peut être impressionnant de quitter votre CDI : posons ensemble les bonnes questions pour faire le meilleur choix.

Découvrez pourquoi vous souhaitez quitter votre CDI

Rien n’est évident quand il s’agit de tourner la page d’un poste stable. Mettre fin à un CDI, c’est renoncer à une sécurité, à un certain confort, et s’exposer à l’inconnu. Et il faut aussi composer avec le regard des proches, parfois sceptiques, qui ne manquent pas de rappeler : « Tu es sûr de vouloir quitter ce poste ? » ou « Avec tous les avantages que tu as, pourquoi tout remettre en question ? » Ces remarques, souvent bien intentionnées, sèment facilement le doute.

Si l’idée de quitter votre CDI ne vous quitte pas, c’est qu’elle trouve racine dans un ressenti profond. Prendre le temps de clarifier vos motivations, sans minimiser vos interrogations, vous aidera à avancer avec lucidité.

L’une des démarches les plus utiles reste d’écouter votre ressenti, sans vous laisser dominer par la peur. Avant de trancher, prenez le temps d’établir une liste des points positifs et négatifs, et interrogez-vous honnêtement sur ce qui ne fonctionne plus dans votre situation actuelle ou ce que vous souhaitez transformer dans votre vie professionnelle.

Question #1 : Est-ce que le problème vient de mon travail ?

Pour commencer, interrogez-vous sur la nature exacte de votre malaise. Est-ce le contenu même de vos missions qui vous pèse, ou bien autre chose ? Cette question se décline en plusieurs axes :

  • Qu’est-ce qui me motive vraiment aujourd’hui ?
  • À l’inverse, quels aspects me freinent ou me découragent ?
  • Mon métier freine-t-il mon envie d’évoluer ou d’apprendre ?
  • Le cadre (horaires, management, autonomie, organisation…) me convient-il ?

Ce sont des interrogations parfois complexes, mais y répondre aussi précisément que possible vous permettra de mieux cerner la source du malaise. N’hésitez pas à élargir votre réflexion à d’autres sphères : travail, santé, relations… Le déclic vient parfois d’un endroit inattendu.

L’objectif est simple : comprendre si c’est uniquement votre poste actuel qui coince, ou si c’est le modèle salarié dans son ensemble qui ne vous correspond plus. Peut-être que le sentiment d’insatisfaction provient de votre vie personnelle, ou d’une relation tendue avec votre supérieur. Ce bilan vous aidera à y voir plus clair.

Ne cherchez pas la solution instantanée : il est normal de ne pas avoir toutes les réponses dès le départ. Prenez le temps d’observer, d’ajouter au fil des jours de nouveaux éléments à votre réflexion. Peu à peu, des motifs récurrents émergeront, et vous saurez mieux sur quels aspects agir.

Question #2 : Qu’est-ce qui me dérange vraiment ?

Après ce premier état des lieux, la prochaine étape consiste à cibler précisément ce que vous souhaitez changer, tant dans vos missions que dans votre environnement professionnel. Identifier ces points de friction vous aidera à savoir ce que vous attendez d’une future activité.

Pour affiner votre réflexion, interrogez-vous sur différents aspects de votre vie au travail :

  • Le contact avec les autres fait-il partie de ce qui me motive ?
  • Y a-t-il des tâches que je n’aime vraiment pas accomplir ?
  • La vie en open space ou le travail d’équipe me conviennent-ils ?
  • La rémunération est-elle un sujet sensible pour moi ?
  • Le rythme imposé est-il adapté à mes besoins ?
  • Ai-je envie de devenir mon propre patron, ou l’idée de tout assumer m’effraie-t-elle ?

Question #3 : Quel projet pour la suite ?

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que la volonté de partir se confirme. Mais il reste une étape clé : définir ce que vous souhaitez construire après. À quoi ressemble votre projet entrepreneurial ? Voici quelques points à explorer avant de vous lancer :

  • Quel est le cœur de mon projet, et par où commencer ?
  • Ai-je toutes les compétences nécessaires, ou dois-je me former davantage ?
  • De quel budget ai-je besoin au démarrage, et comment le réunir ?
  • Prévois-je de me lancer seul ou de m’associer ?
  • Quelle organisation adopter pour débuter ?
  • Comment évaluer la concurrence et les risques ?
  • Quel statut juridique choisir pour mon activité ?

Oui, la liste semble longue. Et c’est normal de ne pas avoir toutes les réponses immédiatement. Prendre du recul, se documenter et avancer à son rythme sont essentiels pour poser les bases solides d’un projet. Rome ne s’est pas faite en un jour.

💡 Le saviez-vous ? Il est tout à fait possible de créer votre auto-entreprise tout en restant salarié. Ce double statut peut sembler complexe, mais il permet de tester votre activité sans perdre la sécurité du CDI. Une fois votre projet sur les rails, il sera temps de franchir le cap et de vous y consacrer à plein temps. Profitez-en aussi pour faire le point sur toutes vos compétences, acquises aussi bien lors de vos études que dans vos expériences précédentes. Vous serez surpris de découvrir la richesse de votre bagage.

Et si vous hésitez sur le choix de votre future activité, n’hésitez pas à consulter les ressources professionnelles et guides disponibles pour vous orienter.

Question #4 : Faut-il tout quitter maintenant ?

Voici LA question décisive : faut-il tout lâcher immédiatement, ou patienter encore un peu ? Le bon moment n’est pas le même pour tout le monde. Deux écueils à éviter : partir sans préparation solide, ou repousser indéfiniment jusqu’à perdre l’envie de changer de cap.

Parfois, le projet est prêt mais votre situation personnelle recommande d’attendre. Ne négligez pas ce qui compte dans votre vie en dehors du travail : arrivée d’un enfant, achat immobilier, engagements financiers… Ces paramètres comptent dans la décision. On peut alors se retrouver face à deux scénarios :

  1. Votre projet est concret, bien ficelé, et le timing personnel s’y prête. Vous sentez l’élan : foncez ! Passez à l’action, faites connaître votre projet, lancez votre site, structurez vos démarches.
  2. Vous savez qu’il est temps de partir, mais la forme exacte du projet reste floue. Profitez de cette période pour affiner vos envies tout en restant salarié, ou acceptez l’incertitude et partez explorer de nouvelles pistes. Restez curieux, formez-vous, testez… La clarté viendra avec l’action.

Votre décision est prise : comment annoncer votre départ à votre employeur ?

Vient alors le moment de prévenir votre employeur, une étape rarement anodine. C’est aussi le moment d’évaluer les options qui s’offrent à vous : soit la rupture conventionnelle, soit la démission.

La rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle est une séparation à l’amiable entre vous et votre employeur. Les deux parties conviennent d’arrêter le contrat, ce qui permet de bénéficier de l’assurance chômage et d’une indemnité de départ. C’est la formule la plus recherchée par ceux qui souhaitent entreprendre sereinement.

Mais soyons lucides : cette option est souvent difficile à obtenir, car de nombreux employeurs la refusent. De plus, les ruptures conventionnelles sont encadrées et surveillées par l’Inspection du travail, ce qui peut compliquer la démarche.

💰 À propos de l’indemnité : le montant est fixé d’un commun accord, mais il ne peut pas être inférieur à ce que vous toucheriez en cas de licenciement. Préparez-vous à négocier. Pour convaincre votre employeur, présentez-lui les raisons de votre départ, rassurez-le sur votre engagement jusqu’au bout et, si possible, proposez de participer au recrutement de votre remplaçant. Plus vous serez ouvert sur la date de votre départ, plus la transition sera fluide.

La démission

Démissionner demande une dose de courage, surtout lorsque l’entreprise compte sur vous et que les relations sont bonnes. Cette démarche est unilatérale : c’est vous qui décidez, l’employeur ne peut pas s’y opposer.

La démission peut se faire oralement, mais mieux vaut formaliser votre départ par écrit, sans obligation de vous justifier. Si vous partez pour créer votre entreprise, expliquer votre choix peut faciliter la transition et apaiser les relations. Adressez toujours votre courrier en recommandé pour conserver une trace.

Gardez en tête qu’en cas de démission, vous ne pourrez pas prétendre aux allocations chômage, sauf cas particuliers. Le préavis reste à effectuer, à moins que votre employeur ne le lève, ce qui reste rare. Vérifiez toujours la durée prévue par votre convention collective et votre contrat de travail.

Oser sauter le pas, c’est accepter l’incertitude, mais c’est aussi ouvrir la porte sur d’autres possibles. Ce choix ne se fait pas à la légère, mais il peut transformer une routine en tremplin vers une vie professionnelle choisie, et non subie.

Ne ratez rien de l'actu