Un projet immobilier, qu’il s’agisse d’un achat, d’une mise en location ou d’un simple déménagement, soulève rapidement la question de l’assurance habitation. Obligation légale pour certains, précaution incontournable pour tous, elle mérite d’être anticipée plutôt que traitée à la dernière minute. D’autant que le marché a connu des évolutions notables ces derniers mois.
Qui est obligé de s’assurer, et à partir de quand ?
La règle est claire pour les locataires : la loi du 6 juillet 1989 impose de souscrire a minima une assurance couvrant les risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux). Sans attestation, le propriétaire peut résilier le bail. Dans les faits, une multirisques habitation complète offre une protection bien supérieure à ce strict minimum légal.
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Du côté des propriétaires, la situation est plus nuancée. Un propriétaire occupant n’est pas légalement contraint de s’assurer, sauf s’il vit en copropriété, où une garantie responsabilité civile est exigée. En revanche, dès qu’un prêt immobilier entre en jeu, l’établissement prêteur conditionne généralement le financement à la souscription d’une assurance habitation. Pour trouver un contrat adapté, des plateformes dédiées facilitent aujourd’hui la démarche : c’est le cas notamment des services d’assurance habitation proposés en ligne, qui permettent de comparer et de souscrire rapidement.
Lors d’un achat, la couverture doit être effective dès la remise des clés. Lors d’une vente, le vendeur reste tenu de maintenir son assurance jusqu’au transfert de propriété. Quant au bailleur, il doit exiger l’attestation d’assurance du locataire à l’entrée dans les lieux, puis à chaque renouvellement annuel.
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Des primes en hausse, une sinistralité qui pèse
En 2025, les cotisations d’assurance habitation ont progressé de 8 à 12 % selon les sources, sous l’effet conjugué de l’inflation dans le bâtiment, du vieillissement du parc immobilier et d’une mesure réglementaire majeure : la revalorisation de la surprime catastrophes naturelles (CatNat). Depuis le 1er janvier 2025, ce taux est passé de 12 % à 20 % pour les contrats habitation, une décision imposée par arrêté ministériel pour alimenter le fonds de prévention des risques naturels. En 2026, cette hausse déploie son plein effet sur les contrats renouvelés.
Le contexte sinistre justifie en partie cette évolution. En 2024, près de 4,6 millions de sinistres ont donné lieu à indemnisation, pour un total de 8 milliards d’euros. Les dégâts des eaux arrivent largement en tête, représentant 44 % des sinistres et 30 % de la charge financière, avec une hausse de 18 % par rapport à 2023. Les incendies, moins fréquents (4 % des sinistres), restent très coûteux avec un montant moyen de 12 387 euros par dossier. Les catastrophes naturelles ont quant à elles coûté plus de 3 milliards d’euros aux assureurs en 2024, en hausse de 30 %. Un risque plus discret monte aussi en puissance : le retrait-gonflement des argiles, lié aux sécheresses répétées, provoque des fissures structurelles parfois invisibles au moment de la vente.
Changer d’assureur : plus simple qu’on ne le croit
Face à la hausse des primes, beaucoup d’assurés ignorent qu’ils peuvent changer de contrat à tout moment après un an d’ancienneté, sans frais ni pénalité. C’est ce que permet la loi Hamon depuis 2015. Le nouvel assureur peut même se charger des formalités de résiliation auprès de l’ancien. La loi Chatel, de son côté, oblige les assureurs à envoyer un avis d’échéance suffisamment tôt pour que l’assuré puisse exercer ce droit. La seule contrainte en cas de prêt immobilier : maintenir une couverture continue et équivalente, exigée par la banque.
Autrement dit, la hausse des cotisations n’est pas une fatalité. Comparer les offres, réévaluer ses garanties et adapter son contrat à sa situation réelle (locataire, propriétaire occupant, bailleur) reste le meilleur moyen de trouver l’équilibre entre protection et coût.

