jeudi, août 5

Comment faire pour annuler un crédit immobilier ?

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Les taux d’intérêt devraient rester bas

C’ est l’un des impacts économiques indirects du Coronavirus : depuis le 22 janvier, les taux d’emprunt de l’Etat français sont tombés en territoire négatif à un niveau sans précédent depuis début octobre 2019 (-0,34%) avant de monter aujourd’hui à un niveau proche de 0 (-0,05 %) « Si l’épidémie reste contenue dans France, les taux devraient rester bas… Même si la Banque centrale a laissé ses taux directeurs inchangés, annonçant des mesures exceptionnelles, elle montre qu’elle est sous contrôle de la situation et qu’elle fera tout pour limiter le ralentissement économique, qui devrait contribuer au maintien des taux d’emprunt de l’État — notamment en France — à un niveau bas , et dans leur sillage, à la stabilité du crédit immobilier au niveau actuel attractif », explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinance.

« Dans le contexte actuel de la baisse des valeurs boursières, l’immobilier est plus que jamais considéré comme une valeur de refuge. Depuis le début de l’année, la demande de crédit s’est maintenue malgré les recommandations du FCSF qui ne semblent pas décourager les acheteurs. D’autre part, les nouvelles mesures annoncées hier pourraient créer un climat plus anxieux qui n’est pas propice à l’investissement et aux achats à long terme et générer ainsi de l’attente, entraînant moins de visites immobilières et moins de demandes de crédit », explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinance.

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Mais si le ralentissement du marché était, comme ce fut le cas début 2019 lors du mouvement des gilets jaunes, il ne fait aucun doute que ce ne serait qu’une phase d’attente qui serait sûrement compensée par une phase de rattrapage une fois que l’épidémie aura été endirée et résolue.

La BCE n’exhorte pas les banques à fermer le robinet de crédit

La Banque européenne centrale a annoncé une série de mesures exceptionnelles visant à garantir la liquidité des marchés financiers et à encourager les prêts aux entreprises et aux particuliers. Objectif : que les banques « peuvent continuer à jouer leur rôle dans le financement de l’économie réelle à mesure que les effets économiques du coronavirus deviennent visibles », comme l’indique le communiqué de presse de la BCE. Il n’y a donc aucune raison pour que les banques ferment le robinet de crédit.

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Et même si l’épidémie devait durer et que les valeurs boursières des banques se maintiennent, la BCE a décidé d’alléger temporairement certaines obligations en actions de la Banque afin qu’elles ne soient pas confrontées à un problème de liquidité et de capitaux propres qui pourrait les conduire à restreindre la production de crédit.

Attention aux retards dans le traitement des dossiers de crédit dans les banques

En revanche, compte tenu des mesures de santé, la capacité de traiter les cas peut être plus limitée en l’absence d’une partie du personnel. Les délais de traitement des dossiers de crédit dans les banques — déjà plus longs qu’ils ne le sont habituellement au début de l’année — pourraient à nouveau augmenter.

Nous conseillons donc à ceux qui signent actuellement des contrats de vente de prolonger la durée des conditions de suspension sur obtenir le prêt à 60 jours.

Ceux qui sont en train de renégocier des prêts pourraient également voir des délais plus longs, car le financement des transactions est une priorité…

Pas de suspension de l’échéance du prêt comme en Italie…

Certains ont mis en doute la possibilité de suspendre le remboursement des crédits, comme le gouvernement l’a mentionné en Italie. Étant donné qu’en France le gouvernement a annoncé le maintien des salaires tant pour ceux qui vont s’arrêter malade pour garder leurs enfants que pour ceux qui seront en chômage partiel, il n’y a aucune raison de suspendre l’échéance de leur prêt. « La suspension des échéances des prêts implique que les banques fournissent à l’emprunteur un nouveau tableau d’amortissement. Ces mesures inutiles dans le contexte actuel allongeront également les délais de traitement et ralentiront la machine de crédit, ce qui n’est pas souhaitable », explique Sandrine Allonier

… sauf stipulation dans l’offre de prêt

Pour les plus anxieux ou ceux qui en ont vraiment besoin, sachez que la possibilité de suspendre échéance est indiquée dans l’offre de prêt. Toutes les banques ne proposent pas cette option qui, lorsqu’elle est offerte, est gratuite dans les conditions mentionnées. Selon les banques, il est possible de reporter de 1 à 12 versements mensuels, en une ou plusieurs fois selon les institutions, mais souvent seulement après 2 ans de remboursement, pas la première année. Dans tous les cas, le paiement de l’assurance du prêt est maintenu. Mais attention, la suspension de l’échéance a un coût parce que le report génère des intérêts supplémentaires.

Exemple : avec un prêt de 200 000€ à 1,5 % sur 20 ans signé il y a 2 ans, la suspension du paiement mensuel de 965€ pour 3 prolonge la durée totale du prêt de 4 mois avec un surcoût de 1000€.

Si vous ne disposez pas de cette option de report, vous pouvez utiliser la modulation des délais. La plupart des banques lui offrent la possibilité de réduire les paiements mensuels de 10 à 30% de l’échéance selon les banques, après 2 ans de remboursement aussi et dans la limite d’un prolongation de la durée du prêt jusqu’à 2 ans. Cependant, la banque peut également accepter un report au cas par cas si vous êtes vraiment en difficulté, moyennant des frais, parce que son intérêt est de vous aider à faire face à vos difficultés transitoires et d’assurer le remboursement futur du prêt.